Traduction des paroles par Will.

Take heed, dear heart
Once apart, she can touch nor me nor you
Dressed as one
A wolf will betray a lambLead astray the gazers
The razors on your seducing skin
In the meadow of sinful thoughts
Every flower`s perfect

To paradise with pleasure haunted by fear

A sin for him
Desire within
A burning veil
For the bride too dear for him
A sin for him
Desire within
Fall in love with your deep dark sin

I am the Fallen
You are what my sins enclose
Lust is not as creative
As its discovery

To paradise with pleasure haunted by fear

A sin for him…

Bless me, undress me
Pick your prey in a wicked way
God I must confess…
…I do envy the sinners

Ecoute-moi bien, mon amour
Une fois séparés, elle ne pourra nous atteindre ni l’un ni l’autre
Déguisé comme l’un d’eux
Un loup trompera un agneauDévoie les admirateurs
Les lames sur ta peau attirante
Dans le pré des pensées coupables
Chaque fleur est parfaite

Au paradis avec un plaisir hanté par la peur

Un péché pour lui
Empreint de désir
Un voile en flammes
Pour la promise qui lui est trop chère
Un péché pour lui
Empreint de désir
Tombe amoureux de ton sombre et profond péché

Je suis le Déchu
Tu es ce que mes péchés renferment
La luxure n’est pas aussi créative
Que sa découverte

Au paradis avec un plaisir hanté par la peur

Un péché pour lui …

Chéris-moi, déshabille-moi
Choisis pernicieusement ta proie
Mon Dieu je dois avouer…
…j’envie vraiment les pécheurs

Interprétation et analyse par Will, de l’équipe du Nightmag (parue dans le N°2)
Ce morceau est empreint d’un certain érotisme, encore plus que Nymphomaniac Fantasia (cf Angels Fall First), qui abordait déjà le concept de la sensualité et de la tentation de la chair.

Mais ici, le sexe et le désir sont liés au mal. Il ne s’agit pas simplement d’une histoire d’amour, et de jolis amants qui se dévorent de leurs yeux de merlans frits, mais de désir coupable. Car si les deux premiers vers peuvent laisser à penser que « She’s my Sin » n’est qu’une chanson d’amour, les deux suivants introduisent la notion de perversion. La trahison, la fourberie: le loup se déguise pour mieux approcher l’agneau, tout comme le désir coupable se fait passer pour de l’amour, afin d’atteindre son but – la chair. Car si la finalité est la même lorsqu’on aime une personne et lorsqu’on se contente de la convoiter lubriquement, les sentiments sont totalement différents. Or, dans cette chanson, on parle de désir, de peur, plusieurs sentiments sont palpables, mais celui de l’amour n’est pas évoqué. Enfin si, mais il n’est question d’amour que pour… le péché ! Le principal sentiment, bien plus inhérent au morceau que
décrit dans les paroles, est certainement la honte. Le locuteur n’est pas fier de ses envies et ne cesse de parler de péchés. Il sait qu’ils le poursuivront au paradis (To paradise with pleasure haunted by fear). Il finit même par avouer qu’il envie les pécheurs… la notion d’aveu est liée à celle de faute dont on n’est pas vraiment fier.

C’est donc de luxure qu’il s’agit. D’ailleurs, les vers Lust is not as creative / As its discovery, absolument provocants, en sont la preuve. On a alors l’impression que le désir et le péché de la chair appartiennent au jeu, et fascinent. On y est presque invité, puisque la découverte de la luxure est apparemment si créative. Ces vers s’adressent au vertueux, à celui qui n’a encore jamais connu les plaisirs de l’amour coupable. Le pécheur chercherait-il à se justifier ? Ou peut-être veut-il se rassurer en invitant autrui à être aussi coupable que lui…

Côté musique, rien ne rappelle les thèmes abordés.
Pas de passages langoureux, pas de bruitages évocateurs (tant mieux, car on imagine mal Tarja se laisser à des gémissements douteux!), juste une mélodie et un rythme plutôt épiques.
Seul le passage speedé du solo (génial, d’ailleurs) donne une légère impression de tourbillon et de folie, qui peut faire penser à des amants enivrés, tant ce passage est prenant et va crescendo.

Il n’en reste pas moins que le locuteur et le destinataire sont assez flous. On ne sait pas vraiment qui parle, ni à qui il s’adresse, si ce n’est à quelqu’un de désiré.
Les vers A burning veil / For the bride too dear for him peuvent évoquer une mariée. Mais est-elle trompée ?
Est-elle l’inspiratrice du désir ? Dans ce cas où y a-t-il péché ?

Bref, ambiance malsaine ou simple chanson érotique, il est indéniable que « She’s my Sin » revêt une atmosphère particulière, et détone quelque peu par rapport au reste du répertoire de Nightwish. Le fait qu’elle soit chantée par une femme ne fait qu’augmenter ce phénomène, et donne une drôle d’impression. Cela dit, c’est un peu étrange, et Tuomas le sait bien car il a reconnu qu’il devait faire attention à ce qu’il écrivait. En effet, il ne peut pas faire chanter n’importe quels sentiments à une femme. Par ailleurs, l’intensité de ce morceau décuple la sensualité que peut renfermer le chant de Tarja… A moins que ce ne soit l’inverse ? Je serais tenté de parler ici de cercle vicieux… Car on ne peut oublier que ce morceau est chanté par une très belle femme, ce qui ajoute au côté troublant. En gros, qui donne de la sensualité à l’autre, la chanson ou la chanteuse ?